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 Le ciel sous la terre [PV : Minoriko Aki]

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Seija Kijin
Titre : The Counterattacking Amanojaku
Messages : 28
Âge : 20
Date d'inscription : 23/02/2014
MessageSujet: Le ciel sous la terre [PV : Minoriko Aki]   Dim 9 Mar 2014 - 2:01

Le ciel du matin était sombre, la lumière du soleil tentait en vain de se frayer un passage pour annoncer le début du jour. Lourds de colère et excités, des nuages s'accumulaient dans l'air, se multipliant à une vitesse folle. L'horizon se fendit en deux dans un bruit lourd et fracassant ; bientôt la pluie rejoint cette danse assourdissante, relâchant toute la tension qui s'était installée.

Sous ce déluge, une ombre se mit à dévaler frénétiquement les pentes ardues de la Montagne Youkai, comme victime d'une course-poursuite avec l'eau qui ruisselait sur les parois rocheuses. Elle trébucha, ses pieds s'emmêlant dans les racines imposantes qui barraient son chemin ; il n'y avait pas de temps à perdre. Prenant appui sur ses coudes, elle se releva non sans peine, forçant son corps dans un ultime effort pour reprendre sa route.
Cette ombre, c'était Seija Kijin. Et elle fuyait, elle fuyait pour sauver sa peau d'un exorcisme certain. Elle le méritait, après tout. Elle avait essayé de renverser l'ordre de Gensokyo, de ramener les plus faibles au pouvoir, d'inverser la balance pour satisfaire ses propres désirs ; et elle aurait réussi, si ces trois humaines n'étaient pas intervenues. Si les youkai avaient correctement accompli leur mission, s'ils avaient su arrêter les intruses avant qu'il ne soit trop tard. Si elle-même les avait empêchées de progresser...

Stupides humains. Stupides youkai. Elle était entourée d'incapables. Des larves corrompues par la puissance et des bons à rien qui s'embourbaient dans le mépris. C'est tout ce qu'ils étaient.

Le dénivelé n'était plus trop important ; bientôt, elle arriverait à hauteur des plaines et des champs qui bordaient la Montagne, peut-être même à proximité d'un village. Elle ne connaissait pas réellement cet endroit, ayant vécu une majeure partie de sa vie dans les bas-fonds, mais l'idée même de se retrouver à nouveau confrontée à ces créatures stupides et écervelées la débèquetait au plus haut point. A bout de souffle, elle décida de ralentir son rythme de marche ; ses opposantes devaient sûrement être occupées contre quelqu'un d'autre, de toute façon.

Des youkai commençaient à s'agiter dans les fourrés, sûrement réveillés par la tempête -ou peut-être était-ce à cause de tout ce raffut qu'elle avait causé ? Sa présence ne leur avait pas échappée, en tout cas. Elle pouvait sentir leurs regards curieux, piquant comme des aiguilles à travers sa peau meurtrie.
Ces regards... elle les haïssait tellement. Elle les avait trop vécus, trop supportés. Chacun d'entre eux était une agression de plus, et pourtant... Elle avait besoin de cette attention. Pour se sentir vivante, peut-être, comme n'importe qui. Tout simplement.
Écrasant un peu plus à chaque pas le sol humide de la lisière, les feuilles craquant sous le bois dur de ses sandales, elle leur renvoya l'ascenseur : deux prunelles rouges soulignées de fatigue pour exprimer son dégoût, et une certaine envie qu'on lui fiche la paix. Les réactions ne se firent pas attendre : les espions en herbe décampèrent aussi vite que possible, laissant la demoiselle dans le brouillard, avec ce sentiment de force qu'elle adorait et détestait en même temps.

La forêt quittée, elle se retrouva à déambuler sur un petit chemin de terre battue entouré par les champs. Ses chevilles lui faisaient horriblement mal. Si elle ne faisait pas rapidement une halte, elle risquait une deuxième chute ; et celle-ci serait beaucoup plus douloureuse que la précédente...
Ses prunelles irritées scrutèrent les environs, à la recherche d'un coin isolé où s'arrêter et reprendre des forces. Il lui faudrait trouver un autre endroit où réellement se reposer, mais pour l'instant, un peu de champ désert lui suffirait. Elle n'aurait qu'à repartir avant que ces fichus humains ne débarquent.

La demoiselle repéra un bout de plantation à l'abri des regards, un peu en retrait par rapport aux autres. C'était parfait.
Son corps lourd de fatigue s'y écroula sans demander quoi que ce soit ; elle se laissa rouler sur le dos. Levant une main vers le ciel, elle put admirer l'étendue des dégâts : éraflures, contusions, et cette horrible douleur qui la parcourait de part et d'autre... Ses bras étaient constellés de traces, et aucun doute ne planait sur l'état dans lequel devait se trouver le reste de son corps. Et pourtant, en cet instant même, une seule pensée traversait son esprit.


    Elle avait échoué. Encore une fois.


Elle ne remarqua qu'un peu plus tard, que la pluie avait enfin cessé.
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MessageSujet: Re: Le ciel sous la terre [PV : Minoriko Aki]   Dim 9 Mar 2014 - 3:09

La tête levée vers le ciel, les yeux fermés, la déesse des moissons appréciait la fraîcheur des perles de pluie roulant sur sa peau légèrement mate. Elle avait prié dès son réveil avec Shizuha pour ce cadeau des dieux du ciel, afin que ses plantations reçoivent juste assez d'humidité pour bien grandir. Et ils l'avaient entendu, et leur bénédiction s'exprimait par milliers de gouttes, brillantes de la lumière de l'aube... Des morceaux de cristal sur une terre encore pleine de promesses. Sa simple présence rendait l'eau encore plus nutritive, et le blé serait parfait d'ici peu. Elle le sentait depuis ses orteils enfouis dans le sol humide. Elle ouvrit les yeux et sourit. Une nouvelle journée d'automne commençait.

Elle resta immobile encore une seconde pour contempler le ciel... Comme c'était amusant, ce nuage ressemblait à une bâtisse, mais à l'envers. Elle tourna son visage rond en fronçant les sourcils de curiosité ; puis se mit en marche pour travailler. Admirer les formes aléatoires du ciel, ça n'était pas pour tout de suite.

La petite déesse aux cheveux blonds marcha le cœur léger dans les tiges vertes d'une prochaine récolte, ses pieds nus virevoltant entre les jeunes pousses. Elle ne provoquait aucun bruit. Minoriko aimait le silence lourd du matin, le chant des oiseaux, l'éveil de la vie; la lumière écrasante de la victoire du soleil sur la lune qui s'enfuyait derrière les montagnes, abandonnant les quelques minuscules étoiles qui brillaient derrière elle...
Elle se mit à gambader gaiement sur un petit chemin de terre ; il restait cette petite parcelle excentrée  à vérifier avant de passer à un autre champ. Une rosée étincelante était le témoignage de la pluie passée.... Un tableau idyllique, dont une ombre venait ternir la composition. Mais qu'était cette forme noire, qu'elle apercevait dans son terrain ?

La déesse posa délicatement la main sur un tronc humide, et s'approcha. La forme noire était une personne, recroquevillée, certainement une jeune fille vu sa fine silhouette. Une humaine ? Une yokai ? Elle ne le savait pas, à cette distance. Posant ses poings sur ses hanches, elle se préparait à s'énerver et à envoyer cette personne d'où elle venait en lui priant plus ou moins gentiment de laissant ses champs tranquilles. On ne rigole pas avec les cultures d'une déesse, et encore moins celle-là.

Quand elle fut à quelques pas de la personne, elle se baissa en ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille. Ses yeux s'illuminèrent d'une inquiète lueur : l'étrangère était bien mal en point, couverte de plaies et de blessures. Sortait-elle d'un combat ? Dangereuse ? Ennemie ? Qu'importe, elle devait lui venir en aide. Minoriko se mit à genoux à ses côtés, ne se préoccupant plus des épis couchés sous le poids de l'inconnue, et l'observa quelques instants.

  Quel étrange costume... ! Et ces nœuds, attachés à l'envers.. Je ne l'ai jamais vue ici. Est-ce qu'elle dort ? Son bras couvre ses yeux, elle pourrait être assoupie.. Ou non... Par mes patates, c'est bien la première fois depuis longtemps qu'on vient s'écraser dans mes champs!

Un peu nerveuse, la bienveillante déesse posa sa main sur le bras nu de l'inopinée visiteuse. Elle était sincèrement inquiète, mais elle restait sur ses gardes. Il se pouvait qu'elle ne soit pas démunie de toute mauvaise intention.

 « Mademoiselle ? Qui êtes-vous? Que vous est-il arrivé pour que vous vous retrouviez ici dans un tel état ?»
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Seija Kijin
Titre : The Counterattacking Amanojaku
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MessageSujet: Re: Le ciel sous la terre [PV : Minoriko Aki]   Dim 30 Mar 2014 - 18:53

Lourdes de fatigue, ses paupières s'étaient vite laissées aller au repos, mais même l'accalmie était de courte durée. Comme si elle sombrait tel un poids mort dans les bras de Morphée, comme une pierre jetée avec précipitation dans les abysses de son inconscient. On dit que le sommeil est réparateur ; cela n'a jamais été le cas pour Seija.

Elle coulait, littéralement. De plus en plus profond, de plus en plus froid, elle sentait des nœuds se former dans sa gorge et son souffle se couper progressivement. Sa vision floutée, la seule lueur qu'elle pouvait apercevoir se trouvait bien trop hors-de-portée.

"Mademoiselle ? Qui êtes-vous? Que vous est-il arrivé pour que vous vous retrouviez ici dans un tel état ?"

Une voix fluette et une sensation de chaleur soudaine la tirèrent hors de cette torpeur ; ses yeux rougis s'ouvrirent au maximum, son corps grappillant de l'air d'une façon maladroite et précipitée. Instinctivement, elle se rassit, s'éloignant quelque peu.

Quelqu'un... quelqu'un l'avait touchée.

Horriblement peu habituée à toute sorte de contact tactile, la demoiselle sentait encore la tiédeur de cette main qui avait été délicatement posée sur elle, comme du fer chaud qu'on aurait laissé tomber sur son bras glacé.

Machinalement, elle dévisageait l'étrangère qui se trouvait à ses côtés, l'examinant de son regard carmin et insistant comme elle en avait pris l'habitude. C'était une petite jeune fille aux cheveux de paille et au visage ensoleillé, portant une coiffe sobre et un habit élégant, les pieds nus dans la terre. Elle dégageait une sorte d'aura lumineuse, comme celle du jour qui se levait en cet instant-même. Et elle voulait savoir son nom ? Pourquoi elle se trouvait là ? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Il n'y avait qu'une seule personne à qui Seija avait des comptes à rendre, et cette personne-là... Elle refusait de la voir. Pas maintenant ; pas tout de suite.

Elle se redressa, toisant la jeune fille de tout son possible, s'efforçant de faire fi des douleurs diverses contre lesquelles son corps avait tant crié. Elle voulait la connaître ? Bien, parfait même ! Après tout, elle n'avait rien à y perdre... Reconstituant encore et toujours ce masque sur son visage, elle lui sourit de toutes ses dents avant de fièrement prendre la parole.

"Tu n'as qu'à m'appeler Seija, ça suffira amplement !"

Elle ne s'était jamais souciée de la politesse avec les étrangers ; si la jeune fille voulait la vouvoyer, alors elle n'avait qu'à le faire. Mais qu'elle ne s'attende surtout pas à en recevoir de même. Jetant un coup d'œil furtif, mais suffisamment appuyé pour être remarqué, à ses bras meurtris et sa robe mal en point, elle haussa les épaules avant de reprendre de plus bel, sa voix portant bien plus loin que n'importe quel autre son en ce début de journée.

"Ça ? Tu veux savoir ce qui m'est arrivé ? C'est une longue histoire... Mais disons que l'hostilité de quelques créatures stupides aura eu raison de moi... Tu sais... Ceux qu'on appelle les humains, ceux-là même qui rabaissent et qui méprisent tout ce qui n'a pas d'intérêt à leurs yeux !..."

Certains mots lui coinçaient encore la gorge ; la défaite était bien trop récente pour être balayée par une simple rencontre avec... Avec quoi, d'ailleurs ? Qui ? Avec qui exactement était-elle en train de parler ? Une youkai ? Non... Il y avait quelque chose de bien plus puissant qui se dégageait de l'aura de la blondinette, mais quoi ?

"Et toi, qui es-tu ?"

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MessageSujet: Re: Le ciel sous la terre [PV : Minoriko Aki]   Ven 4 Avr 2014 - 15:51

La peau de l'étrangère était glacée. Froide comme l'acier, dure comme la pierre. Aucune chaleur, juste une simple toile blanchâtre qui remplissait uniquement sa fonction première, celle d'une enveloppe. La déesse pensa le pire pour une seconde, jusqu'à ce que deux grandes prunelles d'un carmin inquisiteur s'ouvrent sur elle. Elle eut un mouvement de recul : la jeune fille la toisait sans cligner des yeux, la jaugeant, la jugeant. Minoriko retira sa main et les joignit sur son tablier, ne sachant que faire. L'Amanojaku se releva sans grimacer, mais ses membres raides et sa lenteur démontraient sa souffrance. Elle était à contre-jour de l'aurore qui se faisait de plus en plus brillante, laissant son visage dans la pénombre, échappant encore un peu à l'emprise du soleil.

La déesse aux cheveux de paille soutint le regard transperçant de sa visiteuse en piteux état, de sa franche simplicité. Elle ne savait trop que dire, sentant une tension intérieure sur le visage de l'inconnue -pouvait-on réellement parler d'un visage ? Il lui semblait être un simple masque dont elle contrôlait le moindre mouvement. Soudain, surprenant la divinité, un grand, blanc et faux sourire déchira le marbre de sa figure.

Elle lui parla naturellement, dans une familiarité posée qui contrastait totalement avec sa situation et son état. Minoriko apprit son nom : Seija, et qu'elle avait été poursuivie par des humains ; le tout porté par une voix à la fois fatiguée, cassée, et trop poussée. Ses paroles ressemblaient presque plus à des cris éteints qu'à une conversation ; comme si elle voulait que le monde entier l'entende et sache sa présence. Sans comprendre pourquoi, la créature provoqua en Minoriko une grande tristesse empreinte d'une certaine crainte. Elle écouta tout d'un air paisible et attentif. Le but n'était pas de la rendre plus agressive qu'elle ne l'était déjà.

"Et toi, qui es-tu ?"

Minoriko lui répondit en quittant le vouvoiement qui ne lui allait guère.

« Ravie de faire ta connaissance, Seija. Je suis Minoriko Aki, la déesse de l'Automne et de tout ce que la terre peut faire grandir.. Tu aurais pu tomber mieux comme divinité, je te l'accorde... Mais je suis là. »


Elle sourit, en caressant sans y penser la terre humide.

« Navré pour ce que t'ont fait les humains. Ils sont trop souvent bêtes, irréfléchis, piétinent parfois les récoltes par plaisir ou par inattention ; et si ils ont tenté de t'exorciser, je comprends ta colère... Mais tu peux me croire, il y a du bon en eux. »


La déesse soupira légèrement en pensant que sa journée de travail allait être retardée, mais elle ne pouvait pas laisser cette personne ainsi démunie.

« Tu veux manger quelque chose ? J'ai mon sac de provisions un peu plus loin, avec de quoi nettoyer au moins un peu tes plaies. M'est avis que ça ne te fera pas de mal. »
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